Pourquoi c'est important ?

Mettre en place une stratégie de transition à la hauteur des enjeux au sein d’une entreprise, d’une collectivité ou d’une entité publique demande de repenser profondément les modes de gouvernance à toutes les échelles. C'est-à- dire remettre les questions d’équité, de justice sociale et de démocratie au cœur des préoccupations pour assurer un meilleur partage de la valeur; questions d’autant plus essentielles dans les secteurs amenés a décroitre. Cela passe par exemple par une meilleure représentation des travailleur·ses au sein des structures économiques, en particulier grâce à des moyens financiers et humains plus importants accordés aux syndicats.

De plus, la transition socio-écologique et la protection de l’environnement appellent à la création ou l’aménagement de nouvelles normes. Les pollutions et autres atteintes à l’environnement sont encore trop peu contrôlées et les auteur·rices ne sont pas tenu·es responsables (environ 1% des contentieux relèvent du droit pénal de l’environnement et sur ces 1%, environ 5% des atteintes à l’environnement aboutissent devant un juge et donnent lieu à des sanctions). Il y a donc un enjeu à renforcer les moyens de contrôle et les sanctions existantes, ainsi que de produire de nouvelles normes pour renforcer la protection des écosystèmes. Cela implique également de consolider les exigences de transparence et les moyens de contrôle des lieux de production et de consommation.

Quels sont les enjeux de ce chantier ?

  • Remettre en cause et redéfinir la raison d’être de l’entreprise ou la mission de la collectivité et de l’entité publique pour l’aligner sur les enjeux socio-écologiques
  • Adapter la gouvernance des différentes structures économiques pour intégrer les enjeux de transition écologique a toutes les échelles de prise de décision.
  • Amplifier la démocratie dans la définition du travail pour assurer la représentation de toutes les parties prenantes lors des décisions stratégiques
  • Améliorer la transparence et la mesure d’impact à l’échelle de la structure pour s’assurer collectivement de la protection des intérêts écologiques
  • S’assurer que les mécanismes de répression des infractions environnementales soient suffisamment désincitatifs
  • Renforcer les organisations syndicales, afin qu’elles puissent assumer leurs fonctions de dialogue social et de contre-pouvoir dans de meilleures conditions qu'aujourd'hui. Une plus grande attention à l’écologie de leur part pourrait y contribuer, en les rendant plus attractifs auprès des jeunes générations
  • Intégrer davantage les enjeux environnementaux dans les revendications des syndicats, afin de démocratiser le débat écologique à l’échelle de l’entreprise et des acteurs publics, et de mieux tenir compte des problématiques sociales et des expériences de terrain dans les stratégies environnementales
  • En collaboration avec les syndicats, anticiper et amortir les mutations de l’emploi liées à la transition écologique (décrue ou cessation d’activité dans certains secteurs), afin que celle-ci ne rime pas avec casse sociale
  • Faire progresser le droit environnemental, tant par la réglementation que par la jurisprudence
  • Renforcer et unifier les cahiers des charges des contrôles environnementaux pour assurer un vrai suivi de l’impact des entreprises et collectivités sur l’environnement

Ce chantier offre de nombreuses opportunités professionnelles, en particulier sur les actions de régulation, de contrôle et de production de la norme. Cependant, il s’incarne aussi dans des engagements parallèles à une activité principale comme peut l’être le travail syndicaliste ou plus généralement la participation à la gouvernance d’une entreprise.